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DIRES de l'époque
 
On l’a dit sur moi :

Quelques lignes élogieuses :

« Il faisait beau voir le roy, qui estoit bel homme d’armes, bien adroit à cheval, et qui avoit fort bonne contenance ; aucuns de ses capitaines estoient toujours auprès de luy, qui l’instruisaient à manier et conduire sa lance, et faisoient marcher comme s’ilz estoient armez, qu’ilz eussent esté rangez en bataille en face de leurs ennemis ; le roi faisoit sa fonction de capitaine, à quoi il estoit fort instruit et sçavoit comme il devoit conduire et gouverner. Il y avoit auprès de luy de jeunes seigneurs… Ils frequentoient ainsi les armes, tantost à jouter, puis à la course et autrement, pour s’exercer d’autant plus et se rendre habile aux armes. »

Sire Guillaume de Jaligny. 1489.

Un italien pas très sympa :

« Charles VIII avait la teste grosse et le né excessivement aquilin et grand, les lèvres un peu plates, le menton rond avec une petite fosse, les yeux grans et sortants au dehors, le col court et non assez roide, la poitrine et le dos larges, les flancs assez pleins et le ventre charnu, le siège de bonne largeur, mais les jambes sont grêles quoique bien longues. »

Barthelemy COCHES.

Des dépenses un peu exagérées :

« Le roi est extrêmement libéral ; il donne tout à certains de ses chambellans ; il ne porte
ses vêtements qu’un jour à peine, si bien qu’en quatre mois il a dû dépenser ainsi cinquante mille ducats ou davantage. »

Alors, bien sûr, je n’irai pas nier ma générosité… (c’est pas un grave défaut à ce que je sache… Donc ça va…) J’avouerais également mon côté dépensier qui mit à mal à la trésorerie française. Je ne cacherai pas non plus le train de vie plutôt luxueux de ma cour… Mais bon, il faudrait voir à ne pas exagérer quand même… Changer de vêtement tous les jours voir plus, ça fait quand même un peu beaucoup ! Enfin, j’avais quand même une belle garde robe… Surtout que l’un de mes tailleurs faisaient parti de mes amis… C’est toujours agréable… ;-)

Des médecins hypocrites :

« Le roi, la grâce à Jésus-Christ, fait bonne chière, et toute la compaignie, et Dieu le veuille conduyre à joy et à santé au pays, car je vous aseure que c’est aujourd’huy la plus honneste creature et le meilleur homme et saige… Dieu le conserve et le garde ! »

Pierre Moreau.

Un problème de traduction :

« Le grand chancelier m’a fait dire que, si elle était en latin, elle ne plairait pas à la majesté royale [en l’occurrence, moi !], laquelle veut lire, ou se faire lire , les lettres d’importance, comme l’est celle-ci et, si elles sont en langue vulgaire, il les comprend bien et prend plaisir à les lire ; si elles sont en latin, il ne les comprend pas sans interprète. »

Agostino Calco, ambassadeur milanais.

Et oui, je vous l’avez bien dit que je connaissais très mal le latin… Et cette tare s’avérait bien souvent fortement ennuyeuse puisqu’à l’époque tous les document officiels étaient écrits dans cette langue ! J'ai bien essayé de m'y mettre après la mort de mon père, mais ce n'était pas évident... Par contre le français et l’italien me convenaient parfaitement. D’ailleurs en 1488, j’ai même fait éditer une bible en français afin de me simplifier un peu la vie.


Je l’ai dit, je l’ai écris :

Les merveilles de Naples :

« Vous ne pourriez croire les beaux jardins que j’ai en cette ville [Naples], car, sur ma foi, il semble qu’il n’y faille qu’Adam et Eve pour en faire un paradis terrestre tant ils sont beaux et pleins de toutes bonnes et singulières choses. »

Mon courrier à Pierre de Beaujeu, mon beau-frère, lors de mon séjour à Naples (février 1495/ mai 1495)

A l’approche de la bataille, calme et assurance s’imposent :

« Ne vous chaille ! Dieu nous a aydé jusques icy ; il m’a fait la grace de vos avoir amenez ici sans oppression ne esclandre vilaine et, si son plaisir est encore, je vous ramèneray en France à l’honneur, louange et gloire de nous et de nostre royaulme… Dieu bataillera pour nous. »

Alors, là, c’est quelqu’un qui a eut la fameuse idée de restituer les paroles que j’ai prononcé avant la bataille de Fornoue. Evidemment, mon rôle était de rassurer mes hommes, même si je n’étais pas moi-même très confiant. Pour le reste, je ne mens pas. Il y a bien sûr eu quelques massacres pendant la campagne d’Italie, mais en gros, le voyage s’est effectué dans le calme. Dieu a guidé nos pas dans notre sainte entreprise. Et finalement, comme vous savez, il a continué à nous soutenir vaillamment contre nos ennemis durant la bataille. Et, grâce à Lui, la date du 6 juillet 1495 est entré dans l’histoire de France !

L'art de la guerre:

« Tirant mon chemin pour venir à Saint Germain, lequel le duc de Calabre tenoit avecques ung grand nombre de gens d’armes, il y avoit une place nommée le Mont Saint Jean, la plus renommée de force de ce pays, et laquelle estoit au marquis de Pescayre, qui est avecques le roi Alfonce. Et pour qu’elle tenoit contre moy et me povoit faire quelque dommage en la laissant derrière, je l’envoyai assiéger par mon cousin de Montpencier et sa bande ; et le lendemain aprez disner, je fuz devant ledict Mont Saint Jean, et à mon arrivée feiz tirer mon artillerie, et une heure aprez donner l’assaut en telle forme que de la première pointe mes gens d’armes entrèrent dedant, et en ma présence la prindrent à moins de demye heure. Il y avoit dedans ladicte place de VII à VIII cens hommes de guerre qui furent tuez,, reservé quelques prisonniers qui se saulvèrent dedans une tout, où il furent prins. Je vous asseure que je ne veiz jamais un si bel esbat ni si hardiement assaillir et défendre que je veiz là. »

Le Mont-Saint-Jean était une petite place forte dans les environs de Naples, qui fut assiégée par Gilbert de Montpensier. La prise fut très rapide puisqu’en 7 heures l’affaire était réglée… Mais elle a aussi, c’est le revers de la médaille, causé de nombreux morts puisque quasiment tous les hommes parmi les assiégés furent massacrés.

Poème…

« Prince qui n’aime le noblesse,
Prestre qui ne dit bien sa messe,
Chevalier en qui n’a prouesse,
Juge qui vérité délaisse,
Voysin qui ses voysin oppresse,
Amy fainct qu’au besoin vous laisse,
Père qui ses enffans n’adresse,
Femme lubricque et tauseresse,
Mectez-les tous en lesse
Sans point leur amour pourchasser,
Car bons ne sont fors pour chasser. »

C'est mignon, non? Et en plus, c'est de moi! j'aimais bien la poésie, tout comme les livres d'histoire et les romans de chevalerie. J'en avais un bon nombre: des ouvrages de Christine de Pisan comme la Cité des dames ou des romans comme Le livre des fils de roy. J'avais aussi deux livres de ballades. Et puis, bien sûr, j'en ait ramené beaucoup d'autres d'Italie!


Vous aimez les citations? Sachez que vous pouvez en trouver dans de très nombreux livres sur l'histoire. Les citations ici présentes ont été tirées de divers livres: Le "Charles VIII" de Mme Labande-Mailfert, "Anne de Beaujeu",Le "Bayard" de M. Jacquart, "Le mirage italien" de M. Cloulas, ou encore le "Louis XII" de M. Quilliet. Si vous voulez un texte d'époque consultez les Mémoires de Philippe de Commynes qui existent maintenant en édition de poche!!!

CharlesVIII
créé15/05/2001